Bébé et coliques : comment différencier un simple inconfort digestif d’une douleur réelle chez le nourrisson
Article rédigé par Manon Pineau - Un Moment Suspendu. Infirmière puéricultrice réanimation néonatale à la HFME de Lyon
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Pourquoi les coliques sont si fréquentes chez le nourrisson
Les premières semaines de vie correspondent à une période d’adaptation intense pour le système digestif. Le tube digestif du bébé est encore immature, la flore intestinale se met progressivement en place, et la coordination entre la succion, la déglutition et la digestion s’affine jour après jour.
Dans ce contexte, il est fréquent que le nourrisson présente des phases d’agitation digestive, souvent regroupées sous le terme de “coliques”. Ce mot désigne généralement des épisodes de pleurs associés à une gêne abdominale, sans qu’une cause médicale grave ne soit retrouvée.
Les coliques apparaissent le plus souvent dans les premières semaines, avec un pic autour de 6 à 8 semaines, puis s’atténuent progressivement.
Ce que les parents décrivent le plus souvent
Les familles évoquent des scènes très similaires :
Bébé qui pleure intensément en fin de journée
Jambes repliées sur le ventre
Poings serrés, visage crispé
Gaz fréquents, parfois difficiles à évacuer
Apaisement temporaire dans les bras ou en position verticale
Ces manifestations peuvent être impressionnantes, surtout lorsque le parent se sent impuissant face aux pleurs.
Inconfort digestif ou douleur réelle : comprendre la différence
Il est essentiel de distinguer une gêne fonctionnelle — fréquente et généralement bénigne — d’une douleur réelle qui nécessite une évaluation médicale.
L’inconfort digestif “physiologique”
On parle d’inconfort lorsque :
bébé mange bien,
prend du poids régulièrement,
présente des phases de calme entre les épisodes de pleurs,
est apaisé par le portage, le contact ou la position verticale.
Dans ce cas, les pleurs sont souvent liés à une difficulté transitoire à évacuer les gaz ou à gérer les sensations digestives.
Les signes qui orientent vers une douleur réelle
Une évaluation professionnelle est nécessaire si l’on observe :
pleurs aigus, stridents, inhabituels
refus de s’alimenter
vomissements répétés ou verdâtres
sang dans les selles
fièvre associée
bébé très mou ou au contraire très raide
stagnation ou perte de poids
Ces signes dépassent le cadre des coliques classiques et doivent être pris au sérieux.
Comprendre ce que ressent le bébé
Le nourrisson ne sait pas encore distinguer une sensation de faim, de fatigue ou de gêne digestive. Toute sensation interne est vécue de manière globale et intense.
Un simple ballonement peut ainsi provoquer une réaction émotionnelle importante, traduite par des pleurs et une agitation corporelle.
Les facteurs qui peuvent accentuer les coliques
L’air avalé pendant les repas
Une prise alimentaire agitée, une mauvaise position ou un débit inadapté du biberon peuvent augmenter l’ingestion d’air.
La fatigue
Un bébé trop fatigué gère moins bien les sensations internes. Les coliques sont souvent plus marquées en fin de journée.
La surstimulation
Lumière, bruit, manipulations répétées peuvent amplifier la tension corporelle.
Les transitions
Les moments de passage (éveil → sommeil, bras → lit, tétée → repos) sont souvent propices à l’apparition des pleurs.
Gestes concrets pour soulager l’inconfort digestif
La position verticale
Porter bébé contre soi, en position verticale, peut aider à l’évacuation des gaz et limiter la pression abdominale.
Le contact et le bercement
Le mouvement lent et répétitif contribue à détendre la paroi abdominale et à apaiser le système nerveux.
Le massage abdominal doux
Avec une main chaude, effectuer des mouvements circulaires lents dans le sens des aiguilles d’une montre, en respectant le rythme et les réactions du bébé.
Le rythme des repas
Prendre le temps, faire des pauses pour permettre les rots, observer les signaux de satiété.
Le rôle du parent dans la régulation émotionnelle
Le nourrisson s’apaise en grande partie à travers la présence de l’adulte. La voix, le regard, la posture et la respiration du parent influencent directement l’état émotionnel du bébé.
Un parent stressé ou très inquiet peut, malgré lui, transmettre une tension supplémentaire. Prendre le temps de respirer, de ralentir les gestes et de se poser avec bébé est souvent un premier pas vers l’apaisement.
L’approche complémentaire par la réflexologie plantaire émotionnelle bébé
Dans une démarche douce et respectueuse du cadre médical, certaines familles choisissent la réflexologie plantaire émotionnelle bébé pour accompagner les périodes d’inconfort digestif.
Les gestes lents et précis réalisés sur les pieds visent à favoriser :
la détente corporelle globale,
le relâchement des tensions,
un climat émotionnel sécurisant pour le bébé et le parent.
Cette approche s’inscrit dans une logique de complémentarité et ne remplace jamais un avis médical lorsque celui-ci est nécessaire.
Quand demander un accompagnement professionnel
Un professionnel peut vous aider à :
observer une tétée ou un biberon en situation réelle,
analyser la posture et le rythme des repas,
identifier les moments clés de la journée où l’inconfort apparaît,
proposer des ajustements adaptés à votre bébé et à votre environnement.
Accompagnement à Lyon & Monts d’Or
Une consultation à domicile permet d’observer votre bébé dans son cadre de vie, de répondre à vos questions en direct et de vous transmettre des gestes concrets, sécurisés et adaptés à votre réalité familiale.
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À retenir
Les coliques sont souvent l’expression d’un système digestif en construction plutôt que d’une pathologie. Comprendre les mécanismes, ajuster les gestes du quotidien et s’autoriser à demander de l’aide permet de transformer une période éprouvante en un temps d’observation, de lien et d’apprentissage.
S’entourer d’un professionnel offre un cadre sécurisant pour distinguer ce qui relève de l’inconfort normal de ce qui mérite une évaluation médicale, et pour accompagner le bébé comme le parent avec sérénité et confiance.

